La création artistique est aventure, elle est insouciance et liberté. Le temps écoulé se rassemble derrière moi, et brusquement, je me cogne aux souvenirs. L’amour pour mon enfant dépasse l’imaginaire, à aucun moment il n’est ébranlé. La profondeur de son regard, sa main dans la mienne, j’éprouve mes sentiments comme une plénitude. Nous ne savons pas de quoi sera fait le lendemain. Dans les mouvements de tendresse, nos doigts forgent l’espoir que le quotidien redeviendra celui dont nous avions rêvé. Mon petit homme est un petit Jésus, chaque enfant est un petit Jésus, chaque mère se nomme Marie, chaque père s’appelle Joseph, soucieux de sa famille, travailleur efficace, discret et silencieux, mais très présent.

La vérité est insaisissable pour l’observateur et l’observatrice. Le regard désespéré de l’enfant malade, le corps protecteur de la mère, ils nous renvoient la cruelle expérience de toute l’intensité que peut atteindre la souffrance d’un enfant et que l’instant ne suffit pas à le consoler. Dans l’art, comme dans la réalité, le sentiment et l’imaginaire se touchent.