ANTOINETTE VONLANTHEN
Artiste en arts visuels • Bützbergstrasse 33 • 4900 Langenthal • Tel. +41 62 922 23 45
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Kategorie: Peintre en arts visuels canton de Berne

Portrait de „Anne à Payerne“

Le portrait est au premier plan de ce travail artistique. Une première esquisse peinte précédemment laisse sa marque sur la ligne du portrait. Elle entoure le corps de la fille comme une aura. L’expression sobre du visage fait ressortir la pureté de l’enfance. La bouche consiste seulement en une seule ligne, le nez d’un petit point. Entre les détails du visage, les formes claires du corps, les couleurs du fond, la profondeur et la tension surgissent.

Le jeu de l’existence humaine

La partie supérieure de la robe, avec de larges rayures laiteuses translucides, est parsemée de tons jaunes vifs qui augmentent dans la partie inférieure. Un large col plat, dans lequel le rose et le bleu clair se confondent, recouvre les épaules. Le corps est enrobé d’un bleu foncé qui le sépare du fond rouge. La fille ressemble à un enfant qui ne veut pas être regardé. Ses bras raides à côté de son corps s’adaptent à la large robe. Les paupières rondes et brunes ne sont peintes que d’un trait fin et mince, la couleur jaune-vert du visage rappelle un tissu de lin. Nous avons à faire avec une jeune fille à la mode. Les cheveux blond doré, mêlés au brun foncé, sont plus longs à l’avant qu’à l’arrière.

Une image parlante

Dans cette œuvre, l’enfance cachée se dévoile. Même dans la rigidité du personnage, l’observateur ressent sa propre histoire. Le fond rouge représente sa vivacité.

Le nom du lieu dans le titre vient de l’époque où la peintre a installé son atelier à Avenches, près de Payerne dans le canton de Vaud, et où elle a régulièrement voyagé entre la Suisse allemande et la Suisse romande. L’endroit a été choisi au hasard, l’œuvre d’art aurait tout aussi bien pu s’appeler «Anne à Lausanne».

La peinture à l’huile sur toile mesure 60 cm de haut et 80 cm de large. Elle a un cadre de 5,5 cm de large en bois dur. L’œuvre a été achevée en 2006 et a été rarement exposée.

 

La création artistique, c’est comme vivre une relation d’amitié simple et vivante

Dans le travail artistique, tout comme dans la vie courante, j’aime comprendre les choses et les relier dans différents contextes. Mes activés d’artiste en arts visuels s’expriment à tous les niveaux de la réflexion, sans être conduits ou contraints par une élite: explorer et réfléchir sur un monde dans lequel l’homme échappe aux stéréotypes.
On me demande souvent ce qu’est „mon style“. Je trouve le sujet inintéressant. Une fois le style installé, il manque la flexibilité et l’ouverture aux nouvelles choses. Il endort ou paralyse le spectateur. Pour moi, créer de l’art, c’est comme vivre une relation d’amitié simple, profonde et vivante. Elle déclenche des émotions. Dans le processus créatif, je ne me concentre pas sur mes connaissances ou mes points de vue, pas même sur ma volonté. C’est une attitude qui s’installe, indépendante des tendances du marché de l’art.

La destruction, ou la peur, est le moteur de la transformation. En peinture, le pouvoir réside dans la conscience de cette destruction pour y faire face. Le passage de la transformation à la solution nécessite l’effort d’accepter le diffus, le désagréable, l’incomplet et l’ambigu. Dans ce processus de créativité, la recherche de solutions est au centre de l’action. La démarche est similaire à la gouvernance d’entreprise, ou mieux, à l’apprentissage des langues. La vraie créativité ne se limite pas à l’art, elle est transférable à tous les domaines. Le processus est déclencheur de changements. Dans un premier temps, ceux-ci mènent au chaos. Puis, en acceptant cet inconfort passager, les détails de la transformation deviennent plus significatifs et m’aident à trouver de nouvelles idées pour les techniques, les formes et les couleurs. Le processus de créativité est chaque fois différent. Parfois, il est plus lié aux couleurs qu’à la forme, à la consistance du matériel qu’au thème, à l’intuition qu’au résultat. Être créatif, c’est prendre la liberté de rendre l’impensable concevable. À cette fin, il est primordial de prendre en compte toute la palette d’idées, car elle sert de support informatif momentané.  Faire confiance à son intuition renforce le cheminement vers le résultat et le partage. Je pense que les langues ont été inventées dans ce même processus de créativité. En fait, c’est facile.

La collection d’œuvres reflète les différents thèmes et techniques que je traite: paysages, fleurs, portraits, thèmes de tous les jours et aussi des images abstraites comme «Il suffit de peu», craie à l’huile sur papier, 21 × 30 cm.

Lever du soleil en Vendée

Naître au lever du soleil, couronne qui descend dans un bleu azur, ciel de clémence et de sérénité, l’harmonie des couleurs rend ce tableau peu familier. Le regard navigue d’une forme à l’autre, tente de cerner le présent, la saison, un réservoir sans fin pour les âges nouveaux.

L’œuvre place au centre du regard les couleurs bleues, roses et oranges. Les formes distinctes se touchent comme une évidence, comme des systèmes de pensées sur ce large éventail ouvert à tous les vents, sans fatras, sans discours.

 

Année de création de l’œuvre: 2013
Technique: huile
Support: toile de lin
Format: 120×100 cm

Repère

Cette œuvre est un rappel, selon lequel l’individu à la quête du bonheur répond plus souvent au besoin d’une collectivité qu’à son inspiration profonde. Le succès répond à son angoisse ou à celle qui règne autour de lui. La peur de l’abandon se transmet comme de la poudre dans nos relations. Les couleurs de la terre, le jaune symbole de lumière, des lèvres sensuelles, le portrait est penché en avant comme pour faire front aux conventions. Il soulève les questions existentielles dans chacune de nos cultures: manger, boire, dormir, travailler, se reposer, vivre l’amour, procréer.

Être en relation avec soi, c’est avoir développé et intégré un langage unique, s’en être détaché pour mieux laisser de l’espace à l’autre, sans déverser nos fantasmes sur lui. L’expérience de l’art, de la parole, comme celle du silence, ne donne du sens que par ce qui engendre un sentiment de paix. Se battre, c’est faire front, se confronter à l’essentiel.

Ce portrait, dont le regard profond nous interpelle, démontre que la transmission de la cohérence n’est visible qu’à travers ce que nous avons géré, sans procuration.

 

Le goût de la liberté, Saintes-Maries-de-la-Mer, Provence-Alpes-Côte d’Azur, France

Cette œuvre incarne le moment présent dans un paysage paisible. Le ciel, l’eau et le sable et les quatre personnages reflètent une grande complicité entre eux. La dynamique entre les personnages dégage la pureté et la sérénité. Dans ce décor sobre et net, l’insoumission de la mère aux distractions de la plage lui donne un caractère profond et serein.

Les couleurs jaunes, bleues et vertes se fondent entre elles harmonieusement, comme pour préciser que le superflu gâcherait l’imagination des personnages ainsi que la solidarité entre la mère et ses enfants. Le champ de sable ondulé au rythme du vent, comme un corps féminin fait de poudre fine, chaude et sensuelle, les vagues légèrement remontées, chaque détail adhère à l’immensité de cet espace universel. L’enfant jouant dans le sable, presque effacé de la scène, démontre son autonomie. Tous les personnages tendent à pousser la confiance en soi jusqu’au sublime, à placer la volonté et la liberté de l’homme au centre de la vie, tout en gardant les pieds sur terre.