Dans la peinture tout est possible. L’imagination est sans limite, les saisons se mélangent, le vent et la pluie, le jour et la nuit. Les feuilles deviennent fleurs, les fleurs deviennent feuilles. Rose est rouge, jaune est brun. Les arbres lentement se dénudent, les troncs fiers s’élèvent majestueusement vers le ciel, les feuilles de rouille dansent, se laissent entraîner sans tomber. Quand le soleil se lève, les rayons ressemblent à ceux de la tombée de la nuit. C’est ainsi que l’esprit des gens se mêle aux conversations de salon, les dîners d’affaires aux salons d’automne. Les feuilles portent une sorte de tunique de couleur orange-rouge-jaune, les tiges se transforment en escalier pour les coccinelles. Peu de choses sont en lien, finalement. Ce n’est qu’en les composant que nous voyons des ressemblances. Ainsi sommes-nous faits, de tout et de rien, l’automne nous cadre de ses couleurs. Nous ne pouvons que nous taire devant ce silence, fait de profonde et muette sagesse de ses plus légers mouvements.