ANTOINETTE VONLANTHEN
Artiste en arts visuels • Bützbergstrasse 33 • 4900 Langenthal • Tel. +41 62 922 23 45
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Schlagwort: Technique mixte

Au-dessus de la montagne

Le changement climatique change nos conditions de vie. Sur cette œuvre, la partie inférieure blanche détourne l’attention de l’observateur et de l’observatrice. La végétation en haute altitude souligne l’alternative devant laquelle l’individu est placé. La transposition des couleurs  évoque tout à la fois le déplacement des populations, mais aussi la richesse de la flore en montagne. Ce n’est pas le jugement qui prévaut dans ce paysage. La nature étant ce qu’elle est, elle se plie au pouvoir de l’homme.
L’appétence continuelle au mouvement entraîne aussi la représentation d’un univers instable en continuelle métamorphose. Le thème Au-dessus de la montagne pourrait être perçu comme profonde angoisse de ne plus appartenir à la société, de devoir se réfugier dans un monde à part, tout en étant pris dans un mouvement de masse incontrôlable.
La composition harmonieuse de cette peinture calme le jeu du désespoir. Ce qui l’emporte, c’est l’atmosphère détendue. Elle induit un regard poétique, les formes et les couleurs se défont et se recomposent comme les éternels nuages dans le ciel.
Cette peinture est le reflet de ce qui pourrait être, ce qui est déjà en route, ce qui a déjà été une fois.

 

 

 

Art Avenches, Kunst Langenthal

Paysage d’hiver, 2015

Le paysage laisse apparaître le vécu des saisons, des détails de ce qui aurait pu être si nous avions été présents à ce moment-là. L’idée de cette œuvre, peinte pendant les grosses chaleurs du mois de juillet 2015, est de faire travailler son imagination pour se rafraîchir. Transposer son regard au pied d’une montagne, à la tombée du jour. Des pointillés garnissent le sommet et éclatent dans le rouge du coucher de soleil, comme des bijoux portés en été.

Cette composition structurée manifeste la continuité de la vie, la complexité troublante de la nature, les profonds changements du climat, l’atmosphère néanmoins apaisante.

Des couches de peinture superposées, avec des traces distinctes, nous rappellent que dans la vie nous gardons les traces de l’expérience, qu’elles ne s’effacent pas et que nous devons les utiliser à bon escient, ne pas les gaspiller, les placer dans une bonne énergie.

Chez soi-Bei mir, technique mixte sur toile de lin

L’identité de la personne ne peut être formulée que par le récit de l’individu lui-même. Aucune explication extérieure ne saurait être plus juste. La comparaison entre la peinture et le sujet permet de comprendre le fil du processus conduisant à l’individuation. La réalité est composée d’espace, de lumière et de pureté. L’absence de complexité, la suppression des détails superflus au profit de formes décrites par des contours précis, remplace  la confusion telle qu’elle est vécue au quotidien dans notre société. Plasticité relevée entre l’environnement structuré, couleurs appliquées de manière parcimonieuse, facade blanche, lisse.

 

Transgression

Que ce soit à travers la parole, la musique ou l’art, la transgression est nécessaire au changement. Dans cette œuvre, les étapes successives apparaissent comme dévoilement du processus. Elles donnent naissance à une activité par un phénomène de réaction, laissant derrière elles une empreinte. La couleur superposée dans les tons légèrement plus clairs ou foncés donnent l’impression d’un système ordonné, contribuant à la construction des contenus en unités simples.  Chaque passage prend le contre-pied du précédent et centre son éclairage sur l’étendue de la toile, comme s’il révélait une vérité.

Clarté dans la composition, clarté dans la transmission du changement, clarté dans la parole, représentée par la forme, le relief, les lettres et les chiffres.

Les éléments permettent de coordonner, hiérarchiser, et seul est important l’organisme pensé comme un tout.

Royal flower 2014. Huile sur toile, 80 x 80 cm

Le travail de l’oeuvre consiste en de nombreuses couches (ca 15 Schichten) de peinture – certainement une quinzaine – grattées, effacées puis repeintes jusqu’à ce que l’effet désiré soit atteint.

La technique reste sans concession, les nouvelles couches sont nécessaires à la prise de décisions, aux doutes, aux questionnements. Le processus définit l’objectif, jusqu’à l’acceptation de l’oeuvre. Le choix des couleurs est défini en fonction d’un état inconscient. Il peut être spirituel, influencé par des entretiens, la nature, un ressenti intérieur profond non repérable. Les couleurs violette-brune sont en rapport avec la terre et la spiritualité, la pureté, le désir de maintenir la nature telle qu’elle est.
Dans les détails, nous voyons le dessous des couches, la force de la superposition des thèmes, représentée sous forme de transparence. On peut y voir aussi la vulnérabilité de se mettre à nu.

Un tableau de la même technique a été vendu dans les années 2000 à un acheteur de Cassis en France.
Cette technique est un exercice difficile. Il doit résister à tous les états psychologiques du moment, demande une quantité de couleurs à l’huile, sachant qu’il faudra les gratter et les effacer en partie. Mystérieuses et magiques, elles paraissent et disparaissent sous les grattages, entre les couches. L’oeil posant son regard dessus y verra chaque fois une nouvelle scène.