Associer les souvenirs d’enfance à l’expression picturale me permet de raconter et de figer l’instant. Ce dessin montre un groupe d’enfants dont la plupart se tiennent à un objet. Le signe est donné pour un nouveau jeu. Dans les années 50, le fait de quitter la Romandie pour venir en Suisse alémanique m’était aussi difficile que de quitter mon berceau. La tristesse était récompensée par la découverte de nouvelles distractions, d’autres mœurs.

Le dessin montre les garçons du quartier, plutôt empruntés. Celui du milieu pose un regard attendrissant sur la fillette debout, les jambes croisées. Le contraste entre les personnages masculins et les féminins trahit l’embarras du moment. Alors que les garçons tiennent une ferme distance, les fillettes se concertent sous le parasol. Le mouvement des jambes de chaque personnage démontre une composition juvénile et délicate, pleine de douceur et d’amour.

La conception de cette aquarelle résume la motivation des enfants à s’associer et travailler en équipe tout en laissant à chacun sa différence.