ANTOINETTE VONLANTHEN
Artiste en arts visuels • Bützbergstrasse 33 • 4900 Langenthal • Tel. +41 62 922 23 45
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Kategorie: Antoinette Vonlanthen

Voyage à Merzouga

Les peintres connus, comme Paul Klee, se distinguaient, par la variété de leurs voyages.  Bien des artistes femmes, dans les années 70, se distinguaient par leur imagination tout en élevant leurs enfants.

Certes, les voyages me faisaient rêver, cela a été possible bien plus tard. Cependant, la réalité financière et l’envie d’être présente auprès de mes enfants, me forçaient à voyager dans la tête. Cette aquarelle est un rappel de cette époque et montre le besoin d’évasion et de travailler en groupe. Elle date de 2020, mesure 29,5 sur 29,5 cm. Elle est composée de quelques formes et de couleurs blanc crème, rose-poudre, gris-bleu, jaune-citron et jaune-moutarde ainsi que bleu-gris.

Le chevalet et le matériel de peinture devant moi, ce moment de paix et d’intuition me rendent heureuse, comme si je me trouvais dans la lumière du sud, je pourrais dire n’importe où. Il est fascinant, lorsque j’expose des paysages d’après mon imagination, comme les spectateurs s’y projettent spontanément : « Je suis allé dernièrement à Merzouga, non loin de la frontière de l’Algérie, je me retrouve entièrement dans cette œuvre où je faisais également de la randonnée ».

Ainsi, tout en faisant du dessin et de la peinture, je m’instruis. Avec enchantement, je crée l’atmosphère et les endroits où ont voyagé les spectateurs. Ma première intention n’est pas de lui offrir un cadeau, mais de lui faire connaître mon univers intérieur. C’est ainsi que les deux options sont possibles : me faire plaisir et faire plaisir aux autres. Une belle expérience pour tous.

 

Moment de réflexion

Féminisme

Le personnage féminin, attablé, donne le sentiment que quelque chose va se passer. La bouteille ressemble à un objet décoratif et les verres à boire manquent. En fait, la vie de chaque femme est reliée à celle des autres. Beaucoup d’entre elles réfléchissent sur les contraintes d’une société, dont l’idée est que les membres productifs favorisent la prospérité et que les autres, les jeunes ou les chômeurs, les gens âgés ou handicapés, eux, défavorisent la société.

L’attitude du personnage démontre qu’il est possible de concilier style, art, féminité, intelligence et sens politique. Le port du chapeau et des vêtements donne un signe clair sur la maîtrise du style. Coude sur la table, l’autre sur la hanche, le personnage exprime son désespoir face à l’aigreur de nombreux individus soumis au régime féroce de la production économique, comme à l’époque du fascisme. La question reste ouverte de savoir si les femmes, dans une cinquantaine d’années, voudront encore vivre une vie de couple ou de famille.

Autoportrait an-von

Quel peintre n’a pas eu envie, une fois, de se créer avec son propre pinceau ? Ce travail difficile et si gratifiant pourrait paraître exagéré, mais simplement le fait de toucher aux détails rend infiniment libre. Explorer à travers les formes et les couleurs, c’est imaginer la scène de théâtre rêvée : garder l’enfant intérieur, vivre la nostalgie de la jeunesse tout en profitant du moment présent à un âge déjà avancé.

La longue robe de laine grise, ample et douce, correspond à la couleur des cheveux et le noir du pullover créé un lien avec le local sombre derrière les vitres. Dans la lumière de la nuit, la pose du modèle est détendue, le rouge à lèvres tiré en un rapide coup de pinceau – de survie, pourrait-on dire – comme pour plaire aux hommes. Mais, l’artiste n’y voit que le moyen de mettre la cerise sur le gâteau : un sourire jovial dans une ambiance harmonieuse, effaçant tous les doutes. Le bras allongé sur le canapé en étoffe structurée rappelle une jeunesse frivole et un filet de naïveté.

 
 

 

Les systèmes

L’espace dans cette œuvre constitue l’ouverture au monde, les limites devant lesquelles nous devons faire face. Le champ visuel guide l’œil sur des formes et des couleurs concrètes. Le regard détecte des zones limitées, des zones de transfert, des zones en premiers et seconds plans. Certaines couleurs attirent le regard, comme si l’imprévu, la sensibilité et la fragilité étaient à prendre en considération lorsque les zones se chevauchent, entrecoupées par une ligne rose.

Au centre, un point rouge relève la dynamique et renvoie à l’organisation des autres unités. Toutes se touchent comme dans une société agitée et pressée. Cet ensemble successif de gestes picturaux laisse des traces, liées ou séparées entre elles. Les lignes verticales forment la séparation entre contradiction, provocation et équilibre. La diversité des couleurs dans une composition réduite d’unités soulève des questions comme dans la vie, celles de notre origine, les systèmes de pensée dans la société, et surtout notre propre système de fonctionnement en tant qu’individu.

Parcourir et déchiffrer « Les systèmes » revient à l’observateur et à l’observatrice. Ils utiliseront leurs propres codes d’interprétation pour en retirer la signification profonde. Cette peinture cherche à faire rejaillir une émotion ressentie à un certain moment de la vie.

Rencontre avec l’artiste : à convenir

 

 

Lente disparition du Virus Corona, 2021

Cette œuvre artistique marie l’encre, la craie et l’aquarelle et obtient des résultats différents. Les médiums secs et humides sont appliqués dans un ordre intuitif.

Edith Piaf chante dans « L’hymne à l’amour » : Le ciel sur nous peut s’effondrer et la Terre peut bien s’écrouler… J’irais jusqu’au bout du monde.

Se sentir humain à une époque difficile, c’est se faire comprendre, se créer son jardin et propager l’énergie autour de soi. Le bleu ouvre sur l’immensité éternelle. Dans les modalités de transformation, tel le passage d’une saison à l’autre, la flore discrète, au premier regard ressemble à un symbole décoratif dans un écosystème fragile. Dans cette atmosphère exubérante, elle est chargée de grâce et de mystères. Les fleurs blanches suggèrent la continuité des choses ; ce rapport à la flore montre sa face cachée, aussi profonde qu’artificielle. La réalité humaine est une inconnue, seule la force en nous fait tenir debout.

À travers des couleurs éparpillées, l’imperfection devient visible, la pertinence du thème difficile à saisir. En revanche, les choses deviennent esthétiques, le but est mental, un moyen de vaincre la peur. Les couleurs jaunes et orange captent les sentiments et tendent vers le besoin d’harmonie et d’équilibre. L’art est d’abord synonyme de plaisir : tout est partagé, l’ombre et le soleil, le bon et le mauvais, la souffrance et le bien-être, un long processus écumé par la magie et l’incertitude.

Nom de l’œuvre : Lente disparition du Virus Corona, 2021
Technique mixte sur papier cartonné
Format 70 x 50 cm

L’œuvre peut être consultée dans le contexte d’une exposition d’art privée avec l’artiste en arts visuels Antoinette Vonlanthen.