ANTOINETTE VONLANTHEN
Artiste en arts visuels • Bützbergstrasse 33 • 4900 Langenthal • Tel. +41 62 922 23 45
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Kategorie: Antoinette Vonlanthen

AUTOPORTRAIT D’ARTISTE

Dans cette aquarelle, le large chapeau domine la face du visage. Le dessin propose au spectateur une image de soi en lien avec un souvenir personnel : le chapeau est un cadeau du fils lorsqu’il était domicilié à Santa-Barbara, en Californie. Le visage reflète la douceur d’une mère, le dévouement artistique et la quête de l’épanouissement ainsi que l’ambivalence que cet engagement suppose.

La couleur noire, les couleurs chaudes du chapeau, du visage et du vêtement ainsi que les formes, soulignent la conscience de sa propre valeur.

L’artiste cherche à faire vibrer l’observateur pour qu’il entre dans une dimension artistique authentique, appréhende l’œuvre dans son intégralité, jongle avec l’inconscient : sortir des clichés, comme croire que dans le fait de se dissimuler, la première intention d’une femme est la coquetterie ou qu’elle se définit à travers un accessoire, que la peinture est une distraction parmi d’autres ou encore que son unique intérêt est de plaire. Par son caractère structuré, l’observatrice reconnaîtra son côté masculin et l’observateur son côté féminin.

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Réflexion sur l’autoportrait dans la peinture
Dans mon parcours de peintre, j’ai fait l’expérience que ma profession artistique était souvent définie par mon statut social plutôt qu’à une activité professionnelle : « une femme qui a le temps de peindre est privilégiée pour une cause ou une autre ». « Une artiste peintre qui fixe des prix élevés — et vend les œuvres — est culottée (porter la culotte = commander) ». « Une peintre qui a du succès a de la chance – et non du talent ».

Loin du miroir de l’évolution historique dans le contexte de création des artistes femmes, le portrait de l’image de soi n’est plus seulement une histoire individuelle. Il porte une réflexion sur un débat holistique dans lequel l’art, la culture, la politique, l’histoire et l’économie jouent des rôles transversaux déterminants. Les thématiques féminines, principalement l’autoportrait, expriment autre chose que leurs besoins de reconnaissance à travers l’angoisse, le doute ou même le besoin d’être soutenues en tant que sexe faible. Depuis les années 70, de nombreuses femmes refusent de plus en plus d’être reconnues publiquement selon des critères stylistiques déterminés et suivent leur propre chemin.

Encore au début du 21 siècle, l’autoportrait des artistes femmes était perçu comme une revendication pour leur présence au monde. Il était analysé sous une tendance plus sociologique qu’artistique. L’effort fourni par l’artiste devait correspondre à sa manière de s’adapter dans un environnement masculin, ce qui lui permettait d’accéder à la reconnaissance professionnelle, un peu comme dans l’histoire du cinéma. Mais, dans tous les domaines du monde du travail et à chaque époque, des hommes et femmes ont cherché des formes légitimes de s’affirmer face à des pouvoirs confus et discriminants. L’analyse artistique moderne nécessite une explication multifactorielle des œuvres.

Le débat sur les artistes femmes, pour qu’elles soient considérées comme des professionnelles, reste complexe dans certains courants de pensée artistiques, mais il a bien évolué. De plus en plus, elles s’affirment à travers des attributs propres à leur créativité et ne cherchent ni à tricher, ni à plaire. Cette représentation n’est pas unique au monde artistique, elle est valable pour toutes les catégories professionnelles.

Si l’attribution de génie ou d’innovation est considérée comme exclusivement masculine, la perspicacité féminine étant considérée comme innée à sa condition de créatrice et non comme un exploit, c’est parce que de nombreuses artistes femmes se définissent plus volontiers à travers la pluridisciplinarité. Comprendre l’art des femmes comme de l’art exige un esprit dégagé de stéréotypes. Je soutiens l’expression populaire « l’Art pour l’Art » de Théophile Gautier (1811-1872) poète, romancier et critique d’art français, dans sa fameuse préface du roman Mademoiselle de Maupin, qui cherche simplement à nous expliquer que l’Art n’a d’autre utilité que l’Art. Tout est dit.

Analyser, échanger les différents regards, puis agir pour transformer le milieu artistique implique une véritable sensibilisation du milieu dans ce qui se joue sur la scène au quotidien en matière de pouvoir, de discriminations et de pressions. Une réelle égalité des sexes dans l’art, même de la part de ceux reconnaissant le talent des artistes femmes se pose dans les mêmes termes que dans le milieu professionnel des autres carrières.

Spirituellement, n’y a aucune différence entre mettre au monde un enfant et créer une œuvre. Le désir initial de création est plus fort que tout ; les deux activités exigent l’engagement personnel, même si leur motivation et leur destinée porte sur des réalités différentes.

 

Les chats devant les portes du soleil

Des soleils qui ronronnent

La structure claire des éléments, la barrière, les quatre portes, les neuf soleils, les quatre chats, clarifie tout de suite le thème de la contrainte exercée sur la nature animale et la spiritualité de l’être humain. Le soleil, sous différentes formes et couleurs chaudes, exerce un pouvoir magique sur les chats. Il révèle la nostalgie ressentie par leur maître lorsque les chats ronronnent. Assis entre une barrière haute et des portes fermées, les animaux reflètent la contrainte humaine exercée sur eux ainsi que l’espace libre qui leur est offert pour y échapper. Entre le noir et le blanc, le bleu, le vert et le rouge redonnent la sérénité au motif, comme le lien attendrissant entre animal et homme. La faculté de perception de l’observateur et de l’observatrice renvoie au champ de la conscience car ce sont les personnes elles-mêmes qui jugent si la contrainte est justifiée ou pas. La blancheur des portes et de la barrière souligne les limites naturelles de l’existence.

Kunstausstellung SGBK – Exposition SSFA

Eine Ausstellung der SGBK, der Schweizerischen Gesellschaft Bildender Künstlerinnen
Une exposition de la Société suisse des femmes artistes en arts visuels SSFA

SCHLÖSSCHEN VORDER-BLEICHENBERG
Asylweg 15, 4562 Biberist


Vernissage: 10. März 2019, 11 Uhr
Ausstellungsdauer: vom 10. bis 31.März 2019

Vernissage: 10 mars 2019, 11h
Durée de l’exposition : du 10 au 31 mars 2019


Die Puppe, 2019

Das Werk vermittelt Assoziationen, die ein Objekt transportiert, und unterstreicht die Dualität: Puppe oder Mädchen? Tüll und weitere Stoffe lassen Weiblichkeit erahnen. Doch fixieren, fast unsichtbar, Nägel mit goldenen Köpfen die starkblühenden Blumen, um den Ausgleich zur Männlichkeit herzustellen. Das Objekt liegt auf einem Gipsboden, der an die Imagination des Menschen appeliert, seine Geschichte zu steuern. Elemente stehen für Projektionen, Ablenkung, Freude, Bedrohungen und Vorurteile. Der geschlossene Raum des Kastens stellt Fragen an die Befreiung und die Sorge zur Natur. Diese zwingen die Betrachterin und den Betrachter zur Positionierung.

La poupée, 2019

L’œuvre véhicule des associations que transporte un objet. Elle souligne la dualité : poupée ou fille ? Le tulle et les autres tissus évoquent la féminité. Mais, presque invisiblement, des clous à tête dorée fixent les fleurs pour marquer la masculinité. L’objet repose sur un fond en plâtre, qui fait appel à l’imagination de l’homme pour diriger son histoire. Les éléments représentent les projections, la distraction, la joie, les menaces et les préjugés. L’espace fermé de l’œuvre pose des questions sur la libération et le soin à la nature. Celles-ci forcent le spectateur et le spectateur à se positionner.



www.schlösschen-biberist.ch

L’attente

Le personnage féminin attend on ne sait quoi, de cette attente floue qui nous habite constamment. Attablée, quelque peu impatiente tout en savourant le mystère du moment, la femme donne l’impression qu’elle se repose un court instant. La bouteille, comme un objet de décoration, les verres inexistants, tout prédit un rendez-vous manqué. Le chapeau et les vêtements donnent un signe clair sur ce qui devrait suivre: une rencontre intime qu’on espère harmonieuse, du moins pleine de réponses, sans se demander la tournure décisive qu’elle pourrait prendre, ni pourquoi. La femme, légèrement confuse, n’a qu’une idée: encore attendre ou fuir. Maîtrisant une allure de style, elle hésite entre s’abandonner à un éventuel amour ou à une solitude choisie. Un coude sur la table, l’autre sur la hanche, elle est incapable de résister à ces deux forces.

Les couleurs brunes, dans l’idée d’un rapprochement avec le Jugendstil ornemental, renforce le thème de l’attente dans une société actuelle agitée et superficielle. Les motifs du sol, imprécis, mettent en relief le personnage au centre de ses préoccupations.

Enfant

La pureté dans l’enfance ne serait qu’illusion? À travers le dessin, tout est possible. Le trait facile est réel, le regard est vivant. L’enfant parle à l’observatrice et à l’observateur. Il transmet une part de vérité propre à lui. Comme peintre, je me demande pourquoi il est nécessaire de faire la distinction entre illusion et réalité? Dans la vie courante, les moments magiques existent, le vécu est parfois si irréel que seul l’art donne une dimension perceptible de ce qui est.