Depuis l’enfance, je dessine et fais des collages. À 15 ans, la scolarité et toutes sortes d’obligations m’ont contrainte à renoncer à ma passion. En 1984 (37 ans), recommençant les activités artistiques, je me suis lancée dans la peinture et la création d’installations. Dès lors, j’en ai fait une profession rémunérée.

L’œuvre « Le paradis », 1984, acrylique sur papier d’emballage sur pavatex, format 75 x 65 cm, truffée de symboles, stimule l’intellect de l’observateur :  à l’époque, il m’était difficile de les interpréter. En revanche, ce travail effectué durant toute la nuit, m’avait procuré un sentiment de grande liberté.

Aujourd’hui, il est facile d’identifier ce que je voulais exprimer : à gauche, au centre de la couronne verte, à la fleur de l’âge, je prenais mieux conscience de l’individualité et du monde environnant. À l’aube, le soleil brille. Le château permet de se projeter dans la différence et de l’accepter. Il représente l’énergie, le refuge pour mieux faire des choix, sortir du conditionnement, se dépasser et développer les ressources non utilisées.

La société, dans la couronne, est divisée par des catégories. Le chemin, sur un pont céleste flottant, mène au devenir. Le personnage sur le dos de l’âne présage un lent parcours. Le chat symbolise les oppositions entre morale, conditionnement et nature, grâce. Du château, un escalier traverse les nuages. Les moutons représentent notre enfant intérieur, caractérisé par l’innocence, la douceur, mais également par notre vulnérabilité et notre impuissance. Les chèvres signalent la créativité, l’amour de la liberté et l’obstination. L’atmosphère paisible sur les nuages manifeste la joie, la confiance, la robustesse et l’endurance.

Cette œuvre, comme un rêve éveillé, montre que tout est en lien. Les croyances ne sont pas des réalités, seule l’expérience dévoile la vérité.